Rathaus Schöneberg

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Rathaus Schöneberg

Lieu de la Guerre froide   John-F.-Kennedy-Platz, 10825 Berlin

Le Rathaus Schöneberg (hôtel de ville de Schöneberg) a servi d’hôtel de ville pour Berlin-Ouest de 1949 à 1991, après que l’historique Rotes Rathaus s’est retrouvé dans le secteur soviétique. Il est surtout connu comme le lieu du célèbre discours « Ich bin ein Berliner » du président Kennedy, prononcé le 26 juin 1963 devant une foule de plus de 120 000 personnes sur la place aujourd’hui appelée John-F.-Kennedy-Platz. La tour abrite une réplique de la Liberty Bell américaine, offerte par 16 millions d’Américains en 1950 et sonnée chaque jour à midi. Aujourd’hui, le bâtiment sert de mairie d’arrondissement pour Tempelhof-Schöneberg.

Un Rathaus est un hôtel de ville ou une mairie allemande – le siège du gouvernement local. Construit entre 1911 et 1914, le Rathaus Schöneberg a d’abord servi de mairie municipale pour la ville indépendante de Schöneberg, avant son intégration au Grand Berlin en 1920. Ce bâtiment en grès de quatre étages se distingue par sa tour de l’horloge de 70 mètres, qui domine le quartier environnant.

Rathaus Schöneberg, hôtel de ville de Berlin-Ouest de 1949 à 1991

Rathaus Schöneberg, hôtel de ville de Berlin-Ouest de 1949 à 1991 (Photo : A.Savin)

Lorsque Berlin fut divisée après la Seconde Guerre mondiale, l’historique Rotes Rathaus, sur l’Alexanderplatz, se retrouva dans le secteur soviétique, le rendant inaccessible au gouvernement de Berlin-Ouest. En 1949, le Rathaus Schöneberg devint le siège du Sénat de Berlin-Ouest et du bourgmestre-gouverneur – un rôle qu’il conservera pendant 42 ans. Willy Brandt, qui remporta plus tard le prix Nobel de la paix pour son Ostpolitik, gouverna depuis ce bâtiment en tant que maire de 1957 à 1966. C’est durant son mandat que le Mur de Berlin fut construit, transformant la place devant l’édifice en un point de ralliement pour les rassemblements de protestation et les manifestations de solidarité avec la ville divisée.

Le 26 juin 1963, moins de deux ans après l’édification du Mur, le président John F. Kennedy s’adressa depuis les marches du Rathaus à une foule de plus de 120 000 personnes. Dans l’un des discours les plus célèbres de la Guerre froide, il déclara : « Il y a deux mille ans, la fierté suprême était de pouvoir dire Civis Romanus sum. Aujourd’hui, dans le monde de la liberté, la fierté suprême est de dire Ich bin ein Berliner. » Une légende urbaine tenace prétend que Kennedy se serait involontairement traité de beignet à la confiture – mais ce mythe fut en réalité inventé deux décennies plus tard, dans un roman de 1983. Les Berlinois le comprirent parfaitement, et la foule éclata en acclamations. La place fut rebaptisée John-F.-Kennedy-Platz en son honneur après son assassinat plus tard cette même année.

Le président Kennedy prononce son discours Ich bin ein Berliner devant une foule de plus de 120 000 personnes, le 26 juin 1963

Le président Kennedy prononce son discours « Ich bin ein Berliner » devant une foule de plus de 120 000 personnes, le 26 juin 1963 (Photo : Robert Knudsen, White House)

Dans la tour de 70 mètres est suspendue la Freiheitsglocke (cloche de la liberté), une réplique de la Liberty Bell de Philadelphie. Elle fut coulée dans le cadre de la campagne américaine « Crusade for Freedom » (Croisade pour la liberté), financée par les dons d’environ 16 millions d’Américains, et installée en 1950. Le général Lucius D. Clay, qui avait organisé le pont aérien de Berlin deux ans plus tôt à peine, inaugura la cloche lors d’une cérémonie retransmise dans le monde entier. La cloche de la liberté sonne chaque jour à midi et a été mise en branle pour marquer des événements historiques, dont la réunification allemande en 1990.

La cloche de la liberté (Freiheitsglocke) dans la tour du Rathaus Schöneberg

La cloche de la liberté (Freiheitsglocke) dans la tour du Rathaus Schöneberg, un don de 16 millions de donateurs américains en 1950 (Photo : ANKAWU)

Après la réunification, le gouvernement de Berlin retourna s’installer au Rotes Rathaus, et le Rathaus Schöneberg devint le siège administratif de l’arrondissement de Tempelhof-Schöneberg, ce qu’il demeure encore aujourd’hui. À l’intérieur, une salle du souvenir commémore la visite de Kennedy en 1963, et depuis 2005, une exposition intitulée « We Were Neighbours » (Nous étions voisins) retrace les biographies des habitants juifs de Schöneberg et de Tempelhof sous le régime nazi. La place devant l’édifice accueille un marché aux puces très fréquenté le week-end. Le bâtiment est facilement accessible via la ligne U4, station Rathaus Schöneberg.

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