Après la capitulation de l’Allemagne en mai 1945, Berlin fut divisée en quatre secteurs, chacun contrôlé par l’une des puissances alliées : les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et l’Union soviétique.
Cette division fut décidée lors de la conférence de Yalta (février 1945) et de la conférence de Potsdam (juillet-août 1945). L’Allemagne dans son ensemble fut scindée en quatre zones d’occupation, et Berlin, située à 160 km à l’intérieur de la zone soviétique, fut divisée de la même manière.
Le secteur américain couvrait le sud-ouest de la ville (Tempelhof, Kreuzberg, Neukölln, Steglitz, Zehlendorf et Schöneberg). Le secteur britannique occupait l’ouest (Tiergarten, Charlottenburg, Spandau et Wilmersdorf). Le secteur français couvrait le nord-ouest (Reinickendorf et Wedding). Le secteur soviétique, de loin le plus vaste, englobait toute la moitié orientale de la ville, y compris le centre historique avec Unter den Linden, Alexanderplatz et la porte de Brandebourg.
En 1949, les trois secteurs occidentaux fusionnèrent pour former Berlin-Ouest, rattaché à la République fédérale d’Allemagne (RFA) nouvellement créée. Le secteur soviétique devint Berlin-Est, capitale de la République démocratique allemande (RDA).
C’est cette division en quatre secteurs qui explique le tracé si irrégulier du Mur de Berlin : il ne suivait aucune frontière naturelle, mais les lignes administratives arbitraires tracées par les puissances occupantes en 1945. Vous pouvez voir ces frontières de secteurs d’origine sur la carte interactive.
Cette géographie particulière donna aussi naissance à des curiosités comme Steinstücken, une minuscule enclave de Berlin-Ouest entièrement entourée de territoire est-allemand, ou encore la situation étrange d’Alexanderplatz, où certains quais souterrains desservaient les Berlinois de l’Est tandis que d’autres étaient scellés en stations fantômes.